Construire la confiance : où en est l’IA responsable en santé, 7 ans après?

7 Avril - Journée mondiale de la santé

Construire la confiance : où en est l’IA responsable en santé, 7 ans après?

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, retour sur les réflexions clés d’une conférence présentée à MTL connecte 2025, au croisement des enjeux d’éthique, de gouvernance et de souveraineté numérique.

Le 7 avril marque la Journée mondiale de la Santé. Une opportunité de revisiter les discussions issues de la conférence « Construire la confiance : l’IA responsable en santé, 7 ans après la Déclaration de Montréal ».

Animée par Gaëlle Hermans, conceptrice pédagogique au CHUM, Catherine Régis, professeure à l’Université de Montréal, et Jean-Louis Fraysse, fondateur de Bot Design, cette conférence a permis de dresser un état des lieux clair de l’évolution de l’intelligence artificielle en santé.

En 2017, Montréal posait les bases d’une réflexion mondiale avec la Déclaration de Montréal, une boussole éthique pionnière pour encadrer le développement de l’intelligence artificielle. Sept ans plus tard, le paysage a profondément évolué. L’IA n’est plus un concept prospectif, elle est désormais intégrée aux pratiques cliniques.

De l’éthique à la souveraineté

S’appuyant sur leur expertise en gouvernance et en design des systèmes d’IA, Catherine Régis et Jean-Louis Fraysse décrivent cette transformation en trois phases :

  • Saison de l’éthique (2017-2022) : émergence de principes directeurs
  • Saison de la régulation (2022-2025) : structuration juridique (AI Act, cadres canadiens)
  • Saison de l’adoption (aujourd’hui) : intégration concrète dans les systèmes de santé

Cette évolution soulève désormais une question centrale : comment assurer une adoption responsable sans compromettre la souveraineté des données et des décisions médicales?

Le paradoxe canadien

Comme l’ont souligné les intervenants, selon un rapport de KPMG (2025), les Canadiens souhaitent un encadrement approprié pour augmenter leur confiance envers l’IA, alors que le pays se classe entre la 25e et la 27e position sur 30 pays de l’OCDE en matière d’adoption de l’IA.

Un paradoxe structurant émerge :

La régulation crée la confiance, mais peut aussi ralentir l’adoption et limiter l’autonomie technologique.

Une IA déjà présente en clinique

Les observations partagées par Catherine Régis et Jean-Louis Fraysse sont sans équivoque : près de 50 % des internes en médecine et en pharmacie utilisent déjà des outils comme ChatGPT dans leur pratique.

La question n’est donc plus « faut-il utiliser l’IA? », mais : comment l’intégrer de manière fiable, éthique et souveraine dans les systèmes de santé?

Des risques bien réels

Les deux experts ont également mis en lumière plusieurs défis majeurs :

  • Biais algorithmiques : sous-diagnostic sur certaines populations, notamment en dermatologie
  • Instabilité technologique : évolution rapide des modèles, difficile à encadrer
  • Dépendance cognitive : délégation croissante du jugement clinique

À cela s’ajoute un enjeu stratégique soulevé pendant la discussion :

la dépendance à des technologies externes, qui pose la question du contrôle des données de santé.

Vers une santé numérique souveraine

Au-delà des enjeux techniques, la conférence met en lumière une question fondamentale :

qui contrôle les données, les outils et les décisions? Construire une IA responsable, c’est aussi renforcer la capacité collective à maîtriser les infrastructures numériques, protéger les données sensibles et préserver une autonomie décisionnelle dans les systèmes de santé.

Prolonger la réflexion à MTL connecte 2026

Ces enjeux de confiance, de gouvernance et de souveraineté numérique seront au cœur des discussions lors de la prochaine édition de MTL connecte.

Pour aller plus loin et participer activement aux réflexions sur la souveraineté numérique en santé, rendez-vous à MTL connecte 2026. Du 13 au 16 octobre 2026, à Montréal

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